Comment faire un bon prompt : la demande qui donne un livrable utilisable du premier coup
Rôle, tâche, contexte, format : ce que conseillent OpenAI, Anthropic, Google et Microsoft, appliqué à une séance, un devis ou un post d'indépendant.
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Un bon prompt est une demande qui dit à l'IA quel rôle elle joue, ce qu'elle doit produire, avec quel contexte et sous quelle forme. OpenAI, Anthropic et Google se rejoignent : être clair et précis, et donner le contexte utile. Voir aussi automatiser son business avec l'IA.
Vérifié le 21/10/2026 sur les pages de l'éditeur.
L'essentiel à retenir :
- Un bon prompt n'est pas une formule magique : c'est un brief, comme celui que tu donnerais à un sous-traitant.
- Si tu ne saurais pas expliquer la demande à un humain, l'IA ne la devinera pas.
- Quatre éléments reviennent chez les éditeurs : le rôle, la tâche, le contexte et le format. Tu n'as pas besoin des quatre à chaque fois.
- Le premier résultat est rarement le bon : tous les guides recommandent de corriger et de relancer dans la conversation.
- Quand tu réécris le même prompt à intervalle régulier, il est temps d'en faire des instructions permanentes.
Ce guide explique ce qui fait un bon prompt d'après les éditeurs, comment l'écrire étape par étape, trois exemples d'indépendant, ce qui change d'un assistant à l'autre, que faire quand la réponse est mauvaise, et quand passer à des instructions permanentes.
Qu'est-ce qui fait un bon prompt ?
Un bon prompt est clair, précis, et contient le contexte dont l'IA a besoin pour produire le livrable attendu. Chaque éditeur le formule à sa façon, et leurs conseils se recoupent.
Ce que dit OpenAI
Le guide d'aide Prompt engineering best practices for ChatGPT (en anglais) donne trois conseils :
- être clair et précis : des prompts « clairs, spécifiques », avec « assez de contexte » pour que le modèle comprenne la demande (« clear, specific, and provide enough context ») ;
- affiner par itérations : partir d'un premier prompt, lire la réponse, puis ajuster la formulation, ajouter du contexte ou simplifier ;
- préciser le ton avec des adjectifs : formel, amical, professionnel, sérieux.
Ce que dit Anthropic
Le guide Prompting best practices (en anglais, destiné aux développeurs) contient des principes qui valent aussi dans l'application :
- être clair et direct : Anthropic conseille de voir Claude comme « un employé brillant mais nouveau, qui ne connaît pas tes normes ni tes façons de travailler » (« a brilliant but new employee who lacks context on your norms and workflows ») ;
- expliquer pourquoi : donner la raison d'une consigne aide Claude à mieux viser ;
- donner des exemples : Anthropic les présente comme l'un des moyens les plus fiables d'orienter le format, le ton et la structure ;
- donner un rôle : même une phrase suffit à orienter le comportement et le ton.
Anthropic propose une règle simple, sa « règle d'or » : montre ton prompt à un collègue qui ne connaît pas la tâche et demande-lui de le suivre. S'il est perdu, Claude le sera aussi.
Ce que dit Google
Le guide Prompting guide 101 (en anglais) de Gemini pour Workspace retient quatre éléments : Persona, Tâche, Contexte, Format. Google précise : « You don't need to use all four in every prompt, but using a few will help » (tu n'as pas besoin des quatre à chaque prompt, mais en utiliser quelques-uns aide). Il conseille aussi d'écrire en langage naturel, en phrases complètes, d'être bref mais précis, et d'éviter le jargon.
Ce que dit Microsoft
La page Prise en main de l'écriture d'invites dans Microsoft Copilot découpe une demande en quatre parties : l'objectif, le contexte, la source (les informations ou exemples à utiliser) et les attentes (la forme de la réponse). Microsoft ajoute que seul un objectif clair est indispensable, et que les autres parties précisent le résultat.
Comment l'écrire, étape par étape ?
Pars du livrable que tu veux obtenir, puis ajoute le contexte, les contraintes et le format, et termine par une relecture. Ces étapes reprennent les éléments communs aux guides des éditeurs et au guide Comment créer des prompts efficaces publié par France Num, rédigé par une consultante d'un cabinet référencé Activateur France Num.
1 - Définir le livrable
Écris d'abord ce que tu veux obtenir, en une phrase : un plan de séance, une relecture de devis, trois variantes d'un post. France Num recommande de se demander, avant d'écrire, quel est le but, quel résultat on attend et qui va lire le contenu.
2 - Donner le rôle
Indique le rôle que l'IA doit jouer : « Tu es une coach en reconversion qui prépare une séance. » Anthropic présente le rôle comme un moyen d'orienter le comportement et le ton ; Google en fait le premier de ses quatre éléments, sous le nom de persona.
3 - Donner le contexte
Dis qui est le client, ce qu'il a déjà, ce qui s'est passé avant. C'est l'élément que l'IA ne peut pas deviner. France Num le résume : l'IA « ne peut pas lire entre les lignes » et traite uniquement les informations qu'on lui fournit.
4 - Poser les contraintes
Longueur, ton, vouvoiement ou tutoiement, ce qu'il ne faut pas faire. Anthropic conseille de dire ce qu'il faut faire plutôt que ce qu'il ne faut pas faire, et d'expliquer la raison d'une contrainte.
5 - Préciser le format
Liste à puces, tableau, mail de dix lignes, plan en trois parties. Google et Microsoft placent le format, ou les attentes, parmi les quatre éléments d'une demande.
6 - Ajouter un exemple si tu en as un
Un livrable que tu as déjà validé, anonymisé, montre mieux qu'une liste de consignes ce que tu attends. Anthropic recommande des exemples proches de ton cas réel et séparés clairement des instructions.
7 - Relire et itérer
Lis la réponse, puis corrige dans la même conversation. OpenAI et Google décrivent tous deux un processus itératif, et Microsoft prévient qu'il faut s'attendre à des allers-retours.
À quoi ressemble un bon prompt d'indépendant ?
Un bon prompt d'indépendant nomme le client type, le livrable et la forme attendue. Les trois exemples ci-dessous sont fictifs : ils montrent la différence entre une demande vague et une demande construite avec les étapes précédentes.
Une coach prépare une séance
Scénario type, pas un résultat : une coach prépare la troisième séance d'une cliente en reconversion.
- Avant : « Prépare-moi une séance de coaching. »
- Après : « Tu es une coach en reconversion professionnelle. Prépare le plan d'une séance d'une heure pour une cliente qui hésite entre deux pistes de métier et qui a déjà fait un bilan de ses compétences. Objectif : qu'elle reparte avec un critère de choix. Donne un plan en quatre temps, avec pour chacun une question ouverte. Ton bienveillant, sans jargon. »
Pour aller plus loin sur ce métier, voir agent IA pour coach.
Un consultant fait relire un devis
Scénario type, pas un résultat : un consultant veut un regard extérieur sur une proposition avant de l'envoyer.
- Avant : « Relis mon devis. »
- Après : « Tu es un acheteur dans une PME industrielle qui reçoit cette proposition de mission d'organisation. Relis le texte ci-dessous et liste les cinq points qui te feraient hésiter à signer, du plus bloquant au moins bloquant. Pour chacun, propose une reformulation. Ne commente pas le montant. » Suivi du texte du devis, sans le nom du client.
Une agence solo décline un post
Scénario type, pas un résultat : une graphiste indépendante veut adapter une annonce à plusieurs réseaux.
- Avant : « Fais-moi des posts pour mes réseaux. »
- Après : « Tu es responsable de communication d'une agence de design en solo. À partir de l'annonce ci-dessous, rédige trois versions : une pour LinkedIn, ton professionnel, cinq lignes au plus ; une pour Instagram, ton plus léger, avec une question en fin de texte ; une pour le mail envoyé aux clients, deux paragraphes. Voici un post passé dont le ton me convient : [exemple]. »
Dans les trois cas, le prompt « après » contient un rôle, une tâche, un contexte et un format, et la personne relit avant d'utiliser le texte.
ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot : faut-il prompter différemment ?
Non pour l'essentiel : les quatre éditeurs recommandent les mêmes bases, et seuls quelques conseils sont propres à un outil. Ce qui les distingue, d'après leurs guides :
| Outil | Conseil propre à l'éditeur |
|---|---|
| ChatGPT | Préciser le ton avec des adjectifs descriptifs |
| Claude | Séparer instructions, documents et exemples avec des balises, et placer les documents longs en haut, avant la question |
| Gemini | Citer tes fichiers Drive dans la demande avec @ suivi du nom du fichier, et demander à Gemini d'améliorer ton prompt |
| Copilot | Indiquer la source à utiliser : un fichier joint, une page web ou, selon le compte, tes mails et fichiers professionnels |
Vérifié le 21/10/2026 sur les pages de l'éditeur.
Deux de ces conseils méritent un mot. Les balises d'Anthropic sont des repères comme `<document>` et `</document>` autour d'un texte, pour que Claude distingue ce qu'il doit lire de ce qu'il doit faire. Le conseil de Google pour faire de Gemini ton correcteur de prompt consiste à commencer par « Make this a power prompt : » suivi de ta demande, puis à reprendre la version proposée.
Aucun guide ne désigne un outil meilleur que les autres pour le prompt. Microsoft rappelle un point valable partout : la même demande, répétée, peut donner des réponses différentes.
Que faire quand la réponse est mauvaise ?
Corrige dans la conversation plutôt que de recommencer de zéro : précise ce qui ne va pas, ajoute ce qui manque, et relance. Les guides des éditeurs et de France Num proposent plusieurs leviers :
- dire ce qui ne va pas : « trop long », « trop formel », « tu as oublié le budget » ;
- ajouter du contexte : ce que l'IA ne pouvait pas savoir, comme l'historique du client ;
- ajouter un exemple de ce que tu attends ;
- découper la demande : France Num conseille de diviser une tâche complexe en étapes, par exemple résumer d'abord, traduire ensuite ;
- vérifier les faits : Microsoft conseille de recouper les réponses avec des sources fiables ;
- repartir d'une conversation neuve quand l'échange s'est éloigné du sujet : France Num conseille de démarrer régulièrement de nouveaux chats pour que l'IA ne perde pas le contexte.
Google et Microsoft insistent sur un dernier point : relire et vérifier le résultat avant de l'utiliser.
Quand passer d'un prompt à des instructions permanentes ?
Quand tu réécris le même prompt à intervalle régulier, ou que tu recolles le même contexte au début de chaque conversation, il est temps de le transformer en instructions permanentes. Trois options, selon l'outil et l'usage :
- un projet ChatGPT, avec des instructions et des fichiers propres à un client ou un travail, traité dans l'article projets ChatGPT ;
- une skill Claude, qui décrit ta méthode pour un livrable récurrent, traitée dans l'article Claude Skills ;
- les instructions d'un agent, quand l'outil doit agir et pas juste rédiger, traitées dans l'article prompt agent IA.
Ce guide s'arrête à la demande ponctuelle dans une conversation. Les instructions permanentes d'un agent, avec ses outils et ses garde-fous, relèvent d'un autre sujet.
Faut-il écrire mes prompts en anglais ?
Aucun des guides cités ne demande d'écrire en anglais. Google conseille d'écrire en langage naturel, comme à une personne, et les exemples du guide France Num sont en français. Écris dans la langue du livrable que tu veux obtenir.
Un prompt long est-il meilleur ?
Pas en soi. Google conseille d'être bref mais précis, et Microsoft rappelle qu'un objectif clair suffit pour commencer. Ce qui compte, c'est le contexte utile : Anthropic et OpenAI insistent sur le contexte, pas sur la longueur. Un long document peut aller dans le prompt ; Anthropic conseille alors de le placer avant la question.
Je peux mettre les données de mon client dans le prompt ?
Retire d'abord ce qui l'identifie : nom, coordonnées, détails qui permettraient de le reconnaître. Ce que deviennent ensuite tes conversations dépend des réglages de ton compte, détaillés dans l'article ChatGPT et confidentialité.
Et pour une image ou une musique ?
Ce guide ne traite que les demandes de texte dans une conversation. Les outils d'image, de musique ou de vidéo ont leurs propres guides, à consulter chez leur éditeur.


